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mardi 18 janvier 2011

Tunisie: les violences en Tunisie ont fait 78 morts

Tunis - Les violences commises en Tunisie pendant la révolte populaire qui a précipité vendredi la chute du régime de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali et les troubles postérieurs ont fait 78 morts au total, a déclaré lundi le ministre de l'Intérieur, Ahmed Friaa.
Les troubles ont également fait 94 blessés, a indiqué Friaa à la télévision publique.

Le précédent bilan gouvernemental annoncé le 11 janvier, avant le changement de pouvoir, était de 21 morts. Les troubles ont fait au moins 66 morts avait annoncé de son cô té la semaine dernière la présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), Souhayr Belhassen.



La plupart des victimes ont perdu la vie lors de la féroce répression policière de la révolte populaire qui a débuté mi-décembre dans le centre-ouest déshérité du pays. La police a tiré à balles réelles à de nombreuses reprises sur des manifestants.

Le ministre de l'Intérieur a souligné que "plusieurs" membres des forces de sécurité figuraient parmi les victimes.

Mais il n'a pas précisé si ces derniers avaient été tués lors de heurts avec des manifestants, ou s'ils étaient tombés sous les balles des miliciens en armes loyaux à l'ancien homme fort du pays depuis sa fuite vendredi en Arabie Saoudite.

Les miliciens pro-Ben Ali se sont livrés à de nombreuses exactions ces derniers jours pour terroriser la population et plomber "la révolution du jasmin". Des affrontements armés les ont opposés dimanche aux forces loyalistes aux nouvelles autorités de transition dans le centre de Tunis et la zone du palais présidentiel de Carthage.

"Les choses se rétablissent peu à peu et on se dirige vers de meilleures conditions de sécurité", a assuré le ministre de l'Intérieur.

"Mais il faut rester vigilants car il y a encore des éléments dangereux qui veulent créer le vide", a-t-il ajouté.

lundi 17 janvier 2011

Des cadavres de dauphins retrouvés sur le littoral Atlantique

Les échouages de mammifères marins morts se multiplient sur la côte Atlantique, en particulier au niveau de Lacanau, en Gironde. Quatorze cadavres de dauphins et marsouins ont été retrouvés sur les plages du littoral la semaine dernière. Contacté par 20minutes.fr, Willy Dabin, ingénieur au centre de recherche sur les mammifères marins, université de La Rochelle, en charge de l’exploitation des échouages, indique que de nouvelles carcasses ont été signalées ce lundi, un peu plus au nord cette fois, en Vendée (des Sables-d’Olonne et à Noirmoutiers) et même jusqu’en Loire-Atlantique (du coté de Pornic et de Saint-Brevin),

Des mesures mises en place avec les pêcheurs

Le scientifique estime cependant que ce phénomène «n’a rien d’alarmant». Chaque année, entre janvier et avril, la côte Atlantique recueille en effet un grand nombre de cadavres de cétacés: de l’ordre de 10 à 20% des animaux morts en mer. Cette proportion augmente fortement lorsque les vents sont à dominante ouest, ce qui est actuellement le cas. Il s’agit d’animaux morts naturellement, ou bien accidentellement du fait d’activités humaines (collisions avec des navires, captures accidentelles dans des engins de pêche...)

Les dauphins se trouvent saisonnièrement piégés dans les filets car ils partagent le même régime alimentaire que les bars. Mais des mesures ont été prises pour une pêche plus responsable. «Les pics d’échouage étaient plus importants dans les années 1980, assure Willy Dabin. Depuis 2003, nous travaillons avec les pêcheurs dans le cadre de programmes européens et nationaux (DPMA) afin de modifier les pratiques et les engins de pêche. Par exemple, nous nous sommes aperçus qu’il suffit parfois de changer la zone de pêche de quelques milles nautiques pour que les phénomènes de captures accidentelles de dauphins s’arrêtent sans pour autant diminuer les captures de bars.»
Le CRMM anime le Réseau National Echouage (RNE),. «Nous sommes chargés de centraliser les données et les prélèvements issus de l’exploitation des échouages, ce qui permet à la fois de provisionner les causes de mortalité ainsi que de réaliser des études scientifiques sur ces populations.»

En revanche, dans les conduites à tenir en cas d’échouage, c’est la commune qui a la responsabilité d’enlever la carcasse et de la placer dans un centre de dépôt. Une circulaire interministérielle stipule l’obligation d’examen de chaque carcasse de mammifères marins échoués sur le littoral français par le RNE.

Mickaël Bosredon

dimanche 16 janvier 2011

Tunisie: «La culture de la peur continue de terroriser la population»


L'ambiance s'est tendue ce dimanche dans les rues de la capitale...

De notre envoyée spéciale à Tunis,
Un calme trompeur règne ce dimanche soir dans les rues de Tunis. La peur et la tension se sont faites sentir tout au long de la journée. A chaque carrefour de la capitale, les militaires, fusil au poing, ont fouillé les voitures, «à la recherche d’armes», explique Yacine, 32 ans, auditeur-contrôleur de gestion.
Alors que la matinée avait été plutôt calme, les Tunisois n’hésitant pas à faire la queue devant les boulangeries pendant de nombreuses heures en espérant acheter un morceau de pain, l’ambiance s’est perceptiblement tendue dans l’après-midi.

«La population est terrée chez elle»
Les rues, habituellement très fréquentées le dimanche, étaient peu passantes. «La population a peur. Elle est terrée chez elle», affirme Wagdi, franco-tunisien de 46 ans, et opposant au régime. En effet, peu avant 15h, des tirs ont été entendus dans le secteur de la rue de Londres et de la rue de la Liberté, puis devant le siège du principal parti d’opposition, le Parti démocratique progressiste (PDP).


«Des armes ont été découvertes dans trois voitures, et deux hommes se sont sauvés, générant un échange de tirs avec la police, avant d’être rattrapés», explique Atia Athmouni, l’un des membres du bureau politique du PDP, présent sur les lieux.

«Une chape de plomb»
En parallèle, des bandes de jeunes, armés de bâtons ou de barres de fer, arrêtaient véhicules et passants pour les fouiller à des barrages qu’ils avaient eux-mêmes montés, et ce, y compris dans le centre ville.
«On sent une chape de plomb, la culture de la peur qui continue de terroriser la population», estime Wagdi. Plus pessimiste, Yacine considère carrément qu’il y a de grandes chances que la situation empire, car «certains – les milices, le parti au pouvoir - ont intérêt à continuer à faire régner ce chaos». Réponse dans les prochains jours.
Bérénice Dubuc

Algérie: Quatre suicides par le feu en signe de protestation (médias)

Quatre tentatives de suicide par le feu ont été enregistrées au cours de ces quelques derniers jours dans différentes provinces de l'Algérie, ont annoncé jeudi les médias du pays.

C'est par ce geste que des personnes réduites au désespoir ont choisi de protester contre le chômage, la pénurie de logement et les mauvaises conditions sociales dans le pays.

Selon la police, les tentatives de s'immoler par le feu ont eu lieu à Tébessa, à Jijel et à Boumerdès, ainsi que dans la capitale du pays, Alger. L'âge des suicidaires varie entre 27 et 40 ans.

Les manifestations massives contre la hausse du chômage et les prix élevés des denrées alimentaires se sont déroulées en Algérie en même temps que les émeutes en Tunisie qui ont abouti vendredi dernier au renversement du régime en place dans ce pays maghrébin. D'après le ministère algérien de l'Intérieur, les accrochages entre la police et les manifestants ont fait trois morts et près de 800 blessés. Un millier de personnes ont été interpellées. Le préjudice matériel causé par les troubles algériens est évalué à des millions de dollars.



Mardi le 11 janvier, les principaux partis d'opposition ont réclamé des réformes politiques et économiques radicales.

En Algérie, qui compte presque 35 millions d'habitants, près de 23% de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté. Le chômage, évalué à 13%, frappe particulièrement les jeunes (20%). La population, en premier lieu les jeunes couples, souffre d'une pénurie chronique de logement.

samedi 15 janvier 2011

Tunisie: Le pouvoir se réorganise, la rue s'embrase


L’annonce du départ de l’ex-président Ben Ali n’aura pas calmé la rue. Samedi matin, les habitants de Tunis n’ont pu que constater les dégâts: voitures volées, magasins pillés, gare centrale incendiée... Malgré le couvre-feu en vigueur dans la capitale, de nombreuses exactions ont eu lieu dans les heures suivant l’annonce de la fuite du chef de l’Etat.

Dans la journée, en dépit de la présence militaire, les grandes villes ont continué à s’embraser.  un internaute franco-tunisien séjournant à Ariana, dans la cité Hédi Nouira, nous a ainsi indiqué avoir entendu «des tirs d'armes automatiques et des personnes crier "Allahou Akbar"» dans la rue. Sophia, une étudiante française vivant dans la ville côtière de Bizerte, a quant à elle évoqué la présence le long des autoroutes de bandes de «casseurs» lançant des pavés sur les véhicules. «C'est la première fois que j'ai si peur en Tunisie et je ne sais pas si on pourra revivre aussi tranquillement qu'avant...», nous a-t-elle confié.


Dans les coulisses, la journée de samedi a toutefois permis d’avancer dans le processus de réorganisation du pouvoir. L’ex-président Ben Ali, qui se trouve actuellement dans un palais mis à sa disposition par la monarchie saoudienne, a été définitivement écarté du pouvoir. Dans l’attente de nouvelles élections, prévues d’ici à deux mois, c’est le président de la Chambre des députés, Foued Mebazaâ, qui assurera l’intérim à la tête de l’Etat.

Après avoir prêté serment, il a demandé au Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, de former un gouvernement de coalition ouvert à tous les partis politiques, «sans exception ni exclusion». Pour ses premiers mots aux Tunisiens, le nouveau chef de l’Etat a appelé la population au calme, lui demandant d’«assister l’armée et les forces de sécurité à restaurer la loi et l’ordre».

A la tombée de la nuit, la tension semble être retombée. Dans la capitale et dans les grandes villes du pays, l’armée et la police ont repris le contrôle de la rue, désertée par les Tunisiens. Mais comme la nuit précédente, de nombreux débordements sont à craindre. D’autant que si les pilleurs ont décidé de sévir en bandes, les populations des quartiers, excédées, ont commencé elles aussi à s’organiser en milices.
— N. Be.

vendredi 14 janvier 2011

Les Tunisiens expriment leur joie dans la rue après le discours de Ben Ali

Les Tunisiens sont descendus en masse dans les rues de leur pays dans la nuit de jeudi à vendredi pour profiter d'un souffle nouveau de liberté après les annonces du président Zine el Abidine Ben Ali.
Dans une allocution télévisée après quasiment un mois de contestation dans la rue, le chef de l'Etat, au pouvoir depuis 1987, a annoncé qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat en 2014. Il a aussi promis la liberté de la presse, la levée des restrictions au fonctionnement des sites internet ou encore l'interdiction faite aux forces de l'ordre de tirer sur les manifestants.
Les Tunisiens ont dansé au rythme des concerts de klaxon et chanté l'hymne national en agitant le drapeau de leur pays.

«Viva Ben Ali»

«Nous ne nous attendions pas à ce discours», a réagi un homme, Mohamed Ali, dans le quartier Lafayette à Tunis où quelques heures plus tôt la police avait ouvert le feu sur des manifestants.

«La chose la plus importante, c'est la liberté, la liberté, la liberté», a-t-il ajouté. Sonia Ayari, autre personne descendue dans la rue pour célébrer les annonces présidentielles, a souligné: «Nous saluons le courage de Ben Ali même si cela vient tard.»
A El Omran, un faubourg de la capitale tunisienne, des femmes sont descendues dans la rue en ignorant le couvre-feu imposé la veille. Elles ont scandé «Viva Ben Ali».
Dans les villes plus déshéritées de l'intérieur du pays, coeur de la contestation depuis un mois, des scènes de liesse ont été signalées. «Après une journée de violence, tout a changé. Il n'y a que de la joie ici maintenant», a rapporté Ismail Smida, syndicaliste à Tataouine à environ 500 km au sud de Tunis. «Environ 4.000 personnes sont sorties pour dire merci au chef de l'Etat.»
A Sidi Bouzid, d'où le mouvement est parti en décembre après le suicide par immolation d'un jeune homme, quelques personnes ont chanté et dansé pour exprimer leur joie, selon des syndicalistes sur place.

Des opposants sur les plateaux télé

Habituellement exempte de toute critique à l'égard du pouvoir, la télévision tunisienne a paru transformée. Des personnalités telles que l'opposant Taoufik Ayachi ou Naji Baghouri, président déchu du syndicat des journalistes tunisiens, sont apparues sur les écrans dans la soirée après avoir été systématiquement écartées auparavant.
Les téléspectateurs ont pu assister à un débat animé au sujet des médias tunisiens au cours duquel un intervenant a brisé un tabou en critiquant un membre de la famille du président. Le changement était aussi perceptible sur Internet, que les autorités tentaient auparavant de contrôler pour éviter la diffusion des images ou des mots d'ordre des contestataires. Les sites de partage de vidéos YouTube et Dailymotion ont recommencé à fonctionner et le site du journal français Le Monde était à nouveau accessible après plusieurs mois de blocage.
Avec Reuters

Suivez les événements de ce vendredi en Tunisie: Ben Ali n'a pas fait de demande d'accueil à la France

22h23: Ben Ali se dirige vers le Golfe, rapporte vendredi la chaîne de télévision Al Djazira. Selon une autre télévision, Al Arabiya, il se rendrait au Qatar. Al Djazira précise que sa femme Leila Trabelsi est à Dubaï, aux Emirats arabes unis, depuis plusieurs jours.

D'après i>Télé, le président Nicolas Sarkozy a refusé à Ben Ali l'accès au territoire français.

21h38: Selon France Info, l'avion de Ben Ali aurait été dérouté de la France vers le Golfe.
21h22: Des tirs ont été entendus dans la capitale Tunis, a constaté un journaliste d'i-Télé sur place.
20h58: La radio tunisienne privée Nessma annonce l'arrestation du gendre du président Ben Ali ainsi que d'autres membres de sa famille. Le motif de cette décision n'a pas été précisé.
20h52: Aucune demande d'accueil de Ben Ali
Le ministère des Affaires étrangères a indiqué qu'aucune demande d'accueil du président Ben Ali n'avait été faite à la France. Le Quai d'Orsay précise que si une telle requête était formulée, les autorités tunisiennes seraient consultées.

20h43: Selon i-Télé, des incendies sont en cours à la gare et dans un magasin Carrefour de la capitale Tunis. L'envoyé spécial de la chaîne affirme également que des magasins de la famille présidentielle ont également subi des pillages.
20h24: Première réaction officielle de Paris.
Dans un communiqué, «la France prend acte de la transition constitutionnelle» mais se tient «aux côtés du peuple tunisien». Paris appelle également au «dialogue» pour régler la crise.
20h23: La police se prépare à l'arrivée du président Ben Ali à Paris. Il devrait arriver dans la soirée.
20h18: Les Tunisiens pas convaincus
Sur BFMTV, Sofiane Makhloufi, membre du parti démocrate progressiste, regrette que le Premier ministre assure l'intérim. Selon lui, il s'agit d'une entorse à la Constitution tunisienne.
20h05: Ben Ali au-dessus de Malte, vers Paris
Le président tunisien aurait fait une escale à Malte, en direction de Paris, affirme RTL. Même information sur I>Télé qui cite des sources gouvernementales maltaises. L'avion survolerait actuellement l'espace aérien maltais.
20h00: Des tirs ont été entendus dans le centre de Tunis, selon des informations rapportées par I>Télé. Rappelons que le pays est sous couvre-feu depuis 17 heures.
19h49: Dans un communiqué, Nicolas Dupont-Aignan «se rejouit de la victoire historique du peuple tunisien». Cela sonne comme «un terrible aveu de culpabilité et il devra être tenu comme responsable de la répression sanglante organisée contre son peuple», a fait savoir le parlementaire.